Encore plus de gens d’ici

affiche encore plus de gens d'ici

LA FABLE

« Monsieur T »émerge de l’amoncellement de ses mannequins, poupées de chiffon sans couleur sans expression,  qu’il répare – ou fabrique on ne sait pas bien – cousant sans cesse des bandes de tissus.

  »Monsieur T », T comme « tout le monde », évolue en un lieu non défini : coulisses de théâtre ou atelier de travail ? Il nous embarque dans  un univers improbable aux connections mystérieuses, assemblages de mots, d’idées en apparence cohérents mais dont le résultat est décalé. L’espace où Monsieur T nous entraîne est d’abord un espace mental, un espace onirique traversé, comme un ciel d’août, par des étoiles filantes, par des voix « passées » ou imaginaires : celles de sa mère, celles des médecins, celles entendues au buffet de la gare… et aussi celles d’un univers dont on ne sait plus si Monsieur T l’a vécu ou rêvé…

On le suit,  on rit, quelque fois on est dérangé,  on croit enfin mettre du sens dans le mécano de ses idées et puis patatras, le château de cartes s’effondre de nouveau… et notre imagination continue, guidée par le délire du comédien.

LE MOT DE L’AUTEUR

Encore plus de gens d’ici est composé de 52 textes que j’appelle des neurones. Chaque metteur en scène qui choisit de monter un spectacle à partir de ces textes peut organiser comme il veut l’ordre et la sélection de ces 52 fragments. Comme si c’était un jeu de cartes !

Abdel a choisi une voie particulière qui fait la part belle à une sensibilité exacerbée : on ne sait pas qui est ce personnage, que fait-il ? Où est-il ? Qui lui a confié ces taches qu’il entreprend devant nous ? Pourquoi s’adresse-t-il à nous ? Que veut-il nous dire ? C’est quoi ?

Alors le cerveau du spectateur commence à fabriquer en lui-même des réponses plausibles à ces questions insensées. On se trouve devant un mystère, celui de la création pure ! On est renvoyé à nos angoisses perpétuelles. Pourquoi est-on ici, sur cette terre à essayer d’arranger ou détruire ce qui nous entoure ?

On est tous des Abdel errants. Et on l’aime. C’est réussi !

Serge Valletti – mars 2012

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